Le pôle excellence soudure : Un nouveau centre de formation Soudure à Cherbourg, pour quoi faire ?

Publié le 24 mai. 2021
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Le Nord Cotentin vient de se doter d’un nouveau centre de formation appelé « pôle d’excellence soudure ». Ce centre est né d’une démarche commune de la collectivité et de l’UIMM. Mais pourquoi une nouvelle offre de formation et pour qui ?

Le Nord Cotentin vient de se doter d’un nouveau centre de formation appelé « pôle d’excellence soudure ». Ce centre est né d’une démarche commune de la collectivité et de l’UIMM. Mais pourquoi une nouvelle offre de formation et pour qui ?

Alors que le territoire Normand compte plus d’une cinquantaine de possibilités de se former aux métiers de la soudure, notamment dans les GRETA et centres AFPA, le nouveau président de la communauté d’agglomération Le Cotentin, fi de ce constat préfère, au lieu de développer l’offre existante, créer avec des fonds publics un centre de formation. 

En effet, sur Cherbourg même, la Région refuse depuis des années l’ouverture ou la réouverture de classes dans ses lycées, des cursus entiers de lycées professionnels abandonnés alors que chaque année 40 à 50 jeunes souhaitent se former aux métiers de la soudure, et ce pôle de formation aurait vocation à recevoir des lycéens…

Sur la formation des demandeurs d’emploi, les centres de formation répondent tous les 3 ans aux appels d’offres émis par la Région, sans être certains d’être retenus, sans même savoir si cette offre sera renouvelée.

Pour la formation des salariés, les centres de formation existant répondent déjà aux demandes des entreprises qui veulent faire évoluer les qualifications de leurs salariés.

Alors pourquoi ce « pôle de formation, dit d’excellence » dérogeant à la règle que subissent les autres organismes de formation, qui est dirigé notamment par des entreprises semi-publiques se met-il en place ?

Pour que les entreprises, parties prenantes de cette réalisation, s’exonèrent davantage des obligations financières qui sont les leurs en matière de formation professionnelle. Aussi, c’est bien d’abord l’employabilité qui est visée par les industriels, et les entreprises intérimaires dont les donneurs d’ordre sont les utilisateurs par la sous-traitance, pour une réponse à des besoins immédiats, avec la volonté de s’éloigner le plus rapidement possible de formations qualifiantes et diplômantes qui ne s’attacheront plus aux grilles de salaire des conventions collectives, appauvrissant ainsi une main d’œuvre bon marché.

De plus, ce pôle de formation dit qu’il s’appuiera sur l’expertise des centres de formation, c’est donc bien la preuve qu’il existe déjà une telle offre. C’est pourtant plus de 3 millions d’euros hors taxe dont 50% d’apport Etat/Région qui sont mis dans ce projet et qui ne bénéficieront pas directement aux personnes voulant se former puisque cet apport aurait pu être dirigé directement dans les centres de formation existants ! Qui plus est, l’argent public, donc une partie des impôts ou des cotisations sociales en tant que salariés vont alimenter une structure qui n’avait pas lieu d’être, puisqu’il suffisait de développer autrement l’existant qui rayonnait sur tout le territoire Normand.

Le parcours de recrutement est quasi intégralement délégué aux employeurs qui auront loisir de choisir les futurs « formés » comme en ils définiront le contenu de la formation en fonction de leurs besoins… Des employeurs en lien (ou avec la complicité) de l’agglomération et de la région pourront donc financer leurs écoles, définir le contenu de formation, choisir les stagiaires et finalement embaucher ou non. Evidemment, cet « effort de formation » ne se fera que suivant leur besoin ! Ou et comment se formeront nos jeunes sur des parcours en dehors des actuels donneurs d’ordre du Cotentin ?

Il est aussi remarquable que la Région qui a la responsabilité de la formation professionnelle soit absente du nouveau Conseil d’administration, alors que « l’agglo du Cotentin » y est présente.

La CGT dénonce le manque de transparence et le manque de concertation avec l’ensemble des partenaires sur le territoire, comme au niveau national. Il reste, pour nous, des questions importantes qui ne sont pas évoquées dans ce projet en termes d’hébergement, accueil, moyens de formation. Il s’agit bien là d’une logique capitalistique et non au service de salarié-e-s pour obtenir une formation véritablement qualifiante. 

La CGT et ses syndicats continueront de défendre les droits des salariés et à en conquérir de nouveaux.

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