Déclaration de la CGT à l’installation de la CRSA Normandie du 14 Octobre 2021

Publié le 21 oct. 2021
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Après 18 mois d’une crise sanitaire inédite qui n’est pas à ce jour arrivée à son terme, nous étions en droit d’attendre d’un PLFSS 2022 qu’il prenne toute la mesure de cette crise et engage une transformation de notre système de Sécurité sociale à la hauteur de ces enjeux. Or, force est de constater que c’est loin d’être le cas. Certes, la Sécurité sociale a joué son rôle en dégageant des ressources considérables, qui ont permis de faire face aux urgences liées au Covid, et d’engager des sommes importantes pour financer la vaccination de la population et de la tester massivement...

Après 18 mois d’une crise sanitaire inédite qui n’est pas à ce jour arrivée à son terme, nous étions en droit d’attendre d’un PLFSS 2022 qu’il prenne toute la mesure de cette crise et engage une transformation de notre système de Sécurité sociale à la hauteur de ces enjeux. Or, force est de constater que c’est loin d’être le cas.

Certes, la Sécurité sociale a joué son rôle en dégageant des ressources considérables, qui ont permis de faire face aux urgences liées au Covid, et d’engager des sommes importantes pour financer la vaccination de la population et de la tester massivement.

Le Gouvernement fait état d’efforts importants réalisés en direction des soignants dans le cadre du Ségur ce la Santé. Certes, cela a permis d’augmenter de 183 € la rémunération des soignants, mais on est encore loin des besoins. D’après les comparaisons internationales cela a fait passer la France du 22ème au 18ème rang en termes de rémunération moyenne, et on voit bien que ceci est insuffisant pour enrayer les départs dans de nombreuses professions en particulier les infirmières. Il nous manque aujourd’hui 200.000 infirmières.

Derrière les chiffres affichés, et ainsi que le reconnaît le dossier de presse, la croissance de l’ONDAM n’est que de 2,6% (hors mesures liées à la crise sanitaire et Ségur de la Santé. C’est totalement insuffisant : rappelons que la FHF estime que pour maintenir le système à niveau, une croissance de l’ONDAM supérieure de 2% à l’inflation (soit 4% aujourd’hui) serait nécessaire.

L’effort d’investissement, estimé à 2 Mds€ dont 615 M€ au titre du numérique est lui aussi insuffisant, et reste grevé par les charges d’endettement supportées par de nombreux hôpitaux.

On peut d’ailleurs s’interroger sur le choix de consacrer une grande partie des investissements dans le numérique vers la télémédecine, par exemple la télésurveillance.

Enfin, un certain nombre des mesures annoncées présentent un caractère cosmétique, comme l’extension du remboursement de la contraception à 25 ans (pourquoi se limiter à cet âge), la télésurveillance (déjà mentionnée) ou l’augmentation de la rémunération des médecins pour la participation au service d’accès aux soins (SAS).

Un mot sur la politique du médicament

Pour la CGT l’objectif de maîtrise de l’industrie du médicament, et notamment sa relocalisation est légitime. Mais celui-ci ne consiste pas à financer à fonds perdus des multinationales qui par ailleurs délocalisent et distribuent de généreux dividendes à leurs actionnaires.

Nous sommes aujourd’hui réunis pour l’installation d’une nouvelle CRSA en Normandie, elle devra pour la CGT redonner du sens à la démocratie sanitaire et sociale et entendre l’expression des besoins en santé de la population tant en établissement que sur l’ensemble du territoire.

Il est grand temps d’arrêter les suppressions de lits et de personnel, il est grand temps de repenser l’offre de santé de proximité et de se donner les moyens pour créer des centres de santé avec des médecins salariés par exemple.

Il est grand temps d’arrêter la tarification à l’acte et repenser le financement de l’hôpital publique.

Il est grand temps de donner la parole, d’émettre des avis sans attendre de se mettre au service des politiques descendantes que l’on devrait adapter à notre territoire.

Il est grand temps de donner toute sa place au secteur du médico-social en arrêtant de penser que les politiques inclusives seraient la seule réponse à la prise en charge des publics concernés.

Nous demandons que soit véritablement mis à plat le dossier du financement de la Sécurité sociale. L’ampleur des besoins de financement liés aux effets directs et indirects de la crise sanitaire ne doit conduire, ni à des coupes dans les besoins de protection sociale, ni au recul de l’âge de la retraite, mais à réformer son financement en s’appuyant sur le socle de la cotisation sociale. Cela passe par des mesures telles que l’égalité salariale femmes-hommes, une remise en cause des exonérations de cotisations sociales (éléments de rémunérations dits « défiscalisés et désocialisés », baisse des cotisations sociales remplacées par la TVA ou d’autres impôts indirects, exemptions liées à l’épargne salariale ou l’épargne retraite. En outre, la CGT propose de mettre à contribution les dividendes versés par les multinationales, à commencer par celles du médicament !

Voilà qui donnerait du souffle au renouveau de notre Sécurité sociale solidaire.  Voilà qui donnerait du souffle à notre système de santé

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