Avis sur l’"Adoption des compléments du plan régional de prévention et de gestion des déchets de la Normandie (PRPGD) et du rapport d'étude environemental associé RGPD"

Publié le 3 Juil. 2020
Image
Déclaration au nom du groupe CGT au CESER Normandie Séance plénière du 18 juin 2020 Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les conseillers, Il est de bon ton de conclure une déclaration par une citation attribuée à un grand homme. Une fois n’est pas coutume nous débuterons cette intervention en citant un homme qui est actuellement président de la République...

Déclaration au nom du groupe CGT au CESER Normandie
Séance plénière du 18 juin 2020

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs les conseillers,

Il est de bon ton de conclure une déclaration par une citation attribuée à un grand homme.

Une fois n’est pas coutume nous débuterons cette intervention en citant un homme qui est actuellement président de la République...

« Le monde d'après sera résolument écologique. Je m'y engage. Nous le bâtirons ensemble. Nous avons une opportunité historique de reconstruire notre économie et notre société sur de nouvelles bases, de nous réinventer, d’investir dans un avenir décarboné. » (Twitter le 5 juin 2020).

Dans le cadre d’une pandémie aux conséquences économiques et sociales inédites qui affectent tous les domaines de l’existence

Au moment où, le plus grand nombre reconnaît enfin, que le réchauffement climatique, représente un risque majeur pour l’avenir de l’humanité et qu’il y a urgence effectivement à inventer de nouvelles logiques qui soient plus respectueuses des Hommes et de l’environnement.

Il est sans doute de bon ton d’afficher de tels propos quand on est le premier responsable d’un État.

Bien évidemment, on peut avoir quelques doutes sur la sincérité du discours mais, après tout, admettons la prise de conscience de celui qui est connu pour être un chantre du libéralisme dont la doctrine conduit au pillage de la planète, au démantèlement des services publics, à la libéralisation de tous les échanges,... dans le but d’accroître les profits d’une minorité en augmentant l’exploitation du travail de la majorité.

Mais, admettons !
Cependant, il y a maintenant urgence à prouver, par des actes forts et tangibles, la démarche.

Ainsi, nous avons dans notre région un outil performant, innovant, à l’utilité sociale, environnementale et économique démontrée à de maintes occasions.

L’exemple même de ce que l’on peut imaginer comme étant une entreprise du futur dans le cadre d’une économie circulaire indispensable à la préservation de notre environnement pour assurer une vie meilleure aux générations futures.

Malheureusement, cette entreprise exemplaire vient de fermer ses portes ces jours derniers. C’est l’usine du groupe finlandais UPM que tout le monde connaît dans la Région sous le nom de Chapelle Darblay.

L’annonce de la fermeture de cette usine est une véritable catastrophe :

  • Pour l’emploi direct, bien évidemment, puisque près de 230 salariés se retrouvent à la rue depuis ce lundi 15 juin et pour l’emploi indirect puisqu’on considère que ce sont près de 1 000 emplois qui sont concernés.
  • Mais, la Chapelle Darblay ce sont 350 000 tonnes de papier recyclé par an, 30 % du papier recyclé en France
  • C'est dans cette usine qu’en 1985 le recyclage du papier a été initié et c’est la seule en France à faire du papier journal 100% recyclé
  • C’est une chaudière Bio masse ultra performante
  • C’est 95% de la population normande concernée par cet opérateur de la chaîne du tri

Bref, nous pourrions allonger la liste et nous ne développerons pas davantage le contenu de l’activité de cette entreprise, les nombreuses possibilités d’évolutions, de reconversions qui sont portées par le personnel dans le cadre de son combat exemplaire pour sauver ce bel outil.

D’ailleurs, deux représentants du personnel de cette entreprise ont, durant au moins deux heures passionnantes et éclairantes, détaillé devant les membres de la Commission 3 élargie, les capacités de cette usine et les incidences causées par sa fermeture.

De même, le Président du CESER, dans son intervention liminaire à cette séance plénière, nous a exposé un grand nombre d’arguments attestant de l’impérieuse nécessité de relancer l’activité de ce site.

Cependant, nous ne pouvons passer sous silence ce que nous savons déjà.

Ainsi, l’une des conséquences de cette fermeture conduit les « collecteurs » de papier à chercher de nouveaux débouchés à cette matière première que constitue le papier.

Ainsi, le SMEDAR, le centre de tri de l’agglomération de Rouen (Seine-Maritime) qui a été pendant des années un partenaire privilégié du papetier de Chapelle Darblay envoie désormais des norias de camions en direction d’Epinal dans les Vosges.

Et après on viendra nous parler de développement durable, d’empreinte carbone et avenir décarboné, de relocalisation, ... Bref, il semble bien que nous marchions sur la tête !

Et puis il faut tout de même évoquer la forte probabilité d’une compensation de tous ces frais nouveaux auxquels vont se trouver confrontés les centres de tri. Comme à chaque fois on fera sans doute payer les contribuables au travers d’une augmentation de la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagère (TEOM).

On le voit bien cette affaire n’est pas neutre, et Il s’agit donc maintenant que la parole du CESER serve à concourir à la recherche d’une solution rapide mais pérenne pour une entreprise incontournable dans le cadre de construction d’une économie soucieuse et respectueuse de la planète et de ceux qui y vivent.

Les enjeux sont d’une telle importance publique que l’ensemble des collectivités locales, intercommunales, départementales et régionales, mais aussi bien évidemment l’Etat et l’Europe doivent se mobiliser pour que Chapelle DARBLAY vive parce que c’est une usine pour aujourd’hui et demain.

Le texte du CESER étant particulièrement étayé sur ce sujet le groupe CGT votera POUR cet avis.

Repère revendicatif

Pour aller plus loin

Les actualités de la confédération